05.09.2008

Semaine du 5 au 11 septembre 1983

Elections Municipales, après annulation du scrutin de mars (PS : les liens renvoient directement aux archives vidéo de l'INA)

Résultats du 1er tour. La liste d'opposition menée par Jean Hieaux arrive en tête avec 42,66% des voix. Marcel Piquet (Liste PS-PC) obtient 40,62%. Jean-Pierre Stirbois (FN) totalise pour sa part 16, 72%. On relève 32,48% d'abstentionnistes.

Comme prévu, le FN se rallie à  Jean Hieaux pour le 2e tour. La nouvelle liste intègre Jean-Pierre Stirbois en 4e position, mais aussi Mesdames Brion, Vabois et Chanal.

Une nuit agitée. A l'énoncé des résultats, les premiers heurts surgissent. Jean-Pierre Stirbois, très sollicité par les médias, se fait copieusement hué en salle des fêtes avant d'être pris en chasse place Mésirard par des contestataires remontés. "Le fascisme ne passera pas" peut-on entendre. Très vite un cortège de près de 200 personnes poursuit une petite délégation d'extrême-droite. Certaines d'entre elles vont jusqu'à faire le siège de la permanence du FN, rue St Thibault, protégée pour la circonstance par des CRS.

Les premières réactions des candidats se concentrent autour du score du FN.

Jean Hieaux :" Je constate que l'autre liste d'opposition nationale, composée de deux tiers de non-inscrits et de un tiers de militants du Front national, obtient un score non négligeable. Cela prouve que les problèmes liés à l'immigration sont réels à Dreux. Si comme tout l'indique, les Drouais m'élisent maire de Dreux dimanche prochain, je m'attaquerai à ce problème et à tous les autres dans l'esprit de fermeté et de pondération que l'on me prête."

Jean-Pierre Stirbois : "Ce vote sanctionne la politique de chômage et d'insécurité dans notre ville. En outre, un certain nombre d'électeurs qui avaient voté pour les communistes ou les socialistes au premier tour ont cette fois voté pour moi."

Marcel Piquet : "Le vrai vainqueur de ce premier tour, c'est le Front National de M. Stirbois. Des électeurs socialistes et communistes ont voté pour lui : de braves gens qui n'imaginent pas dans quel engrenage ils se sont fourvoyés. Les abstentions (...) viennent de l'électorat de gauche, qui a sans doute voulu exprimer un certain mécontentement vis-à-vis de la politique de rigueur du gouvernement (...) Quoiqu'on en dise, la calomnie a porté ses fruits. Le comble est que certains plateaux populaires aient voté pour un banquier et que cette campagne ait cherché à me faire passer pour un milliardaire".

Françoise Gaspard : "Que voulez-vous que je vous dise... C'est le résultat d'une campagne calomnieuse, injurieuse et diffamatoire. Au niveau du scrutin, il y aurait également beaucoup de choses à dire : il s'est déroulé dans un climat détestable."

La gauche se mobilise avant le second tour. Françoise Gaspard communique. Selon elle, "Dreux est devenue le terrain de résurgence de vieilles idées qui ont débouché sur la guerre, la mort et les camps de concentration (...) Si ces gens-là devaient l'emporter dimanche, la sécurité de Drouais s'en trouverait pour le moins menacée. Je pense surtout à ceux dont la couleur de peau ne peut pas être acceptée par le Front national". Un "rassemblement pour la démocratie" se tient en grande rue en présence de l'acteur Daniel Gélin qui lit un manifeste contre la haine et le racisme de François Mauriac.

Dreux 693 9 Septembre 1983.jpg

Les médias s'emparent du particularisme drouais. La ville est assaillie de reporters. Les journaux télévisés accordent une place de choix dans  l'actualité à ces élections municipales.

Les dirigeants des partis politiques réagissent également. Dreux n'a plus seulement valeur de test mais devient le symbole des crispations sociales en France. Chacun y va de son commentaire sur l'alliance droite-extrême droite.

Simone Veil, à l'Heure de vérité : "S'il me fallait voter à Dreux... Je m'abstiendrais"

Pierre Mauroy (Premier ministre, invité au JT d'Antenne 2) : "(les milieux populaires) oublient leur vote de gauche pour se laisser égarer par la passion"

Olivier Stirn (UDF) juge que l'alliance entre l'opposition et l'extreme droite est "une énorme faute."

Jacques Chirac (Président du RPR) : "Ceux qui ont fait alliance avec les communistes sont définitevement disqualifiés pour donner des leçons en matière de droits de l'homme et de règles de la démocratie (...) Je n'aurais pas du tout été gêné de voter au second tour pour la liste RPR-FN. Cela n'a aucune importance d'avoir quatre pélerins du FN à Dreux, comparé aux quatre ministres communistes au Conseil des ministres"

Bernard Pons (Secrétaire général du RPR): "Cet accord local pris à l'initiative des responsables locaux des formations de l'opposition n'implique nullement une quelconque approbation pale RPR des thèmes politiques et philosophiques soutenus par le parti auquel appartient M.Stirbois."

Georges Marchais (Secrétaire général du PC) : "Si par malheur la liste Hieaux-Stirbois l'emportait, Dreux serait la première ville de France ouvertement dirigée par l'extrême droite"

François Léotard (Secrétaire général du PR) : "Si jamais la campagne prenait un tour raciste, nous ne nous y associerions pas. Mais la tête de liste à Dreux est un gaulliste qui a participé à la libération de la France et qui ne laissera pas se développer une telle dérive."

Pierre Méhaignerie (Président du CDS) : "Dans la tradition démocrate qui est la nôtre, nous ne pouvons pas prendre part à un combat qui joue sur des sentiments xénophobes. Aussi, si nous souhaitons l'échec de la liste socialo-communiste, si nous critiquons le gouvernement, nous ne participons pas pour autant au second tour."

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L'actualité, c'est aussi la rentrée des classes... Les syndicats enseignants dénoncent des classes surchargées et des aides pédagogiques en régression. En ligne de mire le second cycle où les effectifs sont en hausse aux Lycées Maurice Viollette et Rotrou.

Source : l'Action républicaine

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